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Infos médicales › Nouvelles médicales › Cellules souches

Traitement par les cellules souches


Le terme "traitement par les cellules souches" est utilisé pour désigner différents types de traitement dans la sclérose en plaques et son modèle animal l'encéphalomyélite autoimmune expérimentale (EAE), conduisant à une certaine confusion dans l'esprit du public.

 

La plupart des études chez l'homme concerne la transplantation de cellules souches hématopoiétiques après immunosuppression intensive. Le but du traitement est de remplacer le système immunitaire "défectueux" par des cellules immunitaires "naïves" non perverties.

 

Les cellules souches hématopoiétiques (CSH) sont généralement collectées à partir du sang périphérique du patient par cytaphérèse. Les CSH étant normalement peu abondants dans le sang périphérique, cette phase doit être précédée d'une mobilisation des CSH par injection de facteur de croissance. Le patient reçoit alors un traitement de chimiothérapie visant à détruire les cellules autoréactives, supposées responsables de la maladie, tant au niveau périphérique que au niveau du système nerveux central. Les CSH sont alors réinjectées à une dose de >2x10 exp6 cellules, généralement accompagnées d'une injection de globulines anti thymocytes, destinées à diminuer le risque d'injecter des cellules T autoréactives lors de la réinfusion des CSH.

 

La plupart des études rapportées sont des études de phase I et II destinées à explorer essentiellement la faisabilité et la toxicité du traitement. Les différences méthodologiques, le petit nombre de patients dans chaque groupe et la durée du suivi compliquent l'évaluation des résultats.

 

Certaines tendances se dégagent toutefois. La mortalité générale varie entre 0 et 8,5%. La complication la plus fréquente à court terme est le risque d'infection pouvant s'accompagner d'une aggravation de la maladie parfois irréversible (7%). Une aménorrhée permanente est observée chez 30% des femmes traitées après l'âge de 37 ans. Quelques cas de survenue d'autres affections autoimmunitaires comme une thyroïdite ou une uvéite ont été rapportés après transplantation de CSH chez des patients atteints de sclérose en plaques.

 

Les quelques résultats présentés sont encourageants (>70% de survie sans progression à trois ans) si on tient compte qu'il s'agit de patients à priori fort évolutifs au départ, mais confirment qu'il ne s'agit pas d'un traitement curatif.

 

Les patients paraissant bénéficier le plus du traitement sont des patients atteints de sclérose en plaques rémittente ou secondaire progressive, âgés de < 50 ans, encore capables de marcher 100 m avec ou sans appui unilatéral mais progressant rapidement malgré les traitements conventionnels au cours de l'année précédant la transplantation et avec des lésions se rehaussant par le Gadolinium à l'IRM.

 

Une étude européenne de phase III est actuellement en cours pour comparer l'efficacité de la transplantation de CSH à celle du traitement par la mitoxantrone. Plus récemment, un rôle immunomodulateur des cellules souches mésenchymateuses de la moelle osseuse par induction d'une anergie des cellules T a été mis en évidence dans un modèle animal de sclérose en plaques (EAE). Leur potentiel comme cellules susceptibles de réparer la myéline est également à l'étude chez l'animal.


Dr. P. Seeldrayers, octobre 2006

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