Vaccination par lymphocytes T
Etude en double aveugle dans les formes de sclérose en plaques évoluant par poussées et rémissions.
Evaluation de l'effet de la vaccination lymphocytaire sur le nombre de lésions actives visibles en résonance magnétique nucléaire (IRM) chez des patients non traités de manière autre. Les lymphocytes utilisés pour la vaccination sont prélevés par ponction lombaire.
Vaccination par lymphocytes T dans la sclérose en plaques : résultats d'une étude contrôlée par placebo
P. Stinissen1, R. Medaer1, N. Hellings1, E. Vanroose1, F. Barkhof2, J. Raus1
1Universiteit Hasselt (Diepenbeek, België)
2Image Analysis Center (Amsterdam, Nederland)
Des lymphocytes T anti-myéline et porteurs de marqueurs d'activation sont présents dans le liquide céphalo-rachidien de personnes souffrant de sclérose en plaques et il est possible que ces cellules soient à l'origine des lymphocytes T directement responsables de la maladie.
Une étude pilote antérieure, réalisée par vaccination lymphocytaire utilisant des lymphocytes activés CD4+ provenant du liquide céphalo-rachidien, avait montré que cette technique était réalisable et non dangereuse chez les personnes atteintes de sclérose en plaques, et qu'elle induisait aussi des changements immunologiques.
Une étude en double aveugle, contrôlée par placebo, a dès lors été réalisée chez des patients présentant la forme rémittente de la maladie. Son but était d'étudier l'effet de la vaccination par lymphocytes T sur les paramètres d'activité de la maladie tels que mesurés en résonance magnétique cérébrale. Vingt-neuf patients qui avaient présenté durant les 6 mois précédant le début du traitement une activité radiologique de la maladie ont participé à l'étude. Vingt ont reçu le traitement "actif", c'est-à-dire une réelle vaccination par lymphocytes T et neuf ont été traités par placebo. Les patients ont été vaccinés à trois reprises par trois injections sous-cutanées, chaque fois à deux mois d'intervalle. Ensuite, ils ont été suivis durant 12 mois sur le plan clinique, radiologique, et immunologique. Les vaccinations ont été bien supportées et il n'y a pas eu d'effets secondaires particuliers.
Sur le plan radiologique, on a observé une diminution de l'activité de la maladie dans le groupe vacciné mais cet effet n'a pas été statistiquement significatif par comparaison avec le groupe contrôle. Les scores moyens d'échelle d'invalidité (échelle EDSS) sont restés stables dans les deux groupes de patients. Ceux qui ont développé la plus forte réponse immunitaire contre le vaccin avaient tendance à mieux évoluer tant sur le plan clinique que radiologique.
Malgré le fait que les résultats de cette étude ne soient pas significatifs sur le plan statistique compte tenu du petit nombre de patients, ce travail prouve à nouveau qu'une vaccination par lymphocytes T chez les personnes atteintes de sclérose en plaques est réalisable et non dangereux. De plus, il reste possible que ce type de traitement ait une certaine efficacité thérapeutique, surtout chez les patients développant une forte réponse immunitaire contre le vaccin.